Résistances
Il faut mentionner que les Coréens ne furent pas passifs lors de l'occupation.
Le 1er mars 1919, après la mort de l'empereur Gojong, à l'occasion de ses funérailles, beaucoup de Coréens de province se rendirent à Séoul. Profitant de cette présence, trente-trois patriotes écrivirent une déclaration d'indépendance qui fut lue dans un parc de la ville et dont les copies circulèrent très vite de mains en mains et donnèrent lieu à des manifestations spontanées et pacifiques dans tout le pays. La répression fut terrible : 6000 morts et 35 000 prisonniers. Ce fut seulement un demi-échec pour les Coréens car une prise de conscience de l'identité nationale avait eu lieu et le sentiment patriotique des Coréens ne diminuera plus dès lors...
Des Coréens exilés créèrent un gouvernement provisoire à Shanghai, avec
pour président Syngman Rhee (이승만 : vous pouvez trouver
aussi comme transcription de son nom Yi Seung-Man, moins fréquente,
cette dernière transcription plus moderne permet de prononcer son nom
presque parfaitement) qui sera plus tard le 1er président de la
République de Corée. Des mouvements de différentes tendances se constituèrent
autour de ce gouvernement : les
tendances de droite dirigées par Kim Ku (김구) en Chine et Syngman
Rhee qui avait émigré aux États-Unis, les tendances communistes en
Chine et en U.R.S.S. dirigées par un certain Kim Il-Sung (김일성).
En 1932, Syngman Rhee plaide la cause de son pays devant la Société
des Nations. La question coréenne est ensuite évoquée au Caire en 1943
(Grande-Bretagne, USA, Chine) puis à Potsdam en juillet 1945. Mais c'est la
guerre, alors on décide de reparler de tout ça quand le moment sera
venu... Il semble pourtant qu'à Yalta, Staline et Roosevelt avaient déjà
décidé d'un partage de la Corée en échange de l'aide des Soviétiques
contre les Japonais...




