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Destitution du président Roh Moo- Hyun
Alain Devalpo (mars 2004)

L’opposition conservatrice au président sud-coréen Roh Moo-Hyun a suspendu le vote sur une possible destitution du président. Les parlementaires ont décidé d’attendre une conférence de presse du président, prévue jeudi matin à Séoul, pour décider si la motion sera soumise au vote ou pas. Pendant ce temps, les parlementaires partisans du président réformateur campent au sein de l’hémicycle pour empêcher que le vote puisse se dérouler et les groupes civiques organisent une veillée aux chandelles à l’extérieur de l’édifice.

Alors que les partisans du président Roh Moo-Hyun campent dans l’hémicycle, les opposants au chef de l’état marquent une pause. Ils ont repoussé le vote sur sa destitution en attendant un discours présidentiel annoncé pour jeudi matin.

Dans cette histoire, on peut s’étonner de la disproportion entre la cause ; une déclaration publique de soutien du président à certains députés malgré la neutralité de sa fonction, et les effets – une procédure de destitution.

C’est méconnaître la vie politique en Corée où l’on ne se fait pas de cadeau. Il y a quelques mois, le ministre de l’Éducation a été poussé à la démission en raison d’une faute dans un corrigé du baccalauréat, puis ce fut le tour de celui des Affaires Étrangères en raison de propos indélicats d’un de ses subordonnées.

Si la démission des ministres n’a pas provoqué de remous, celle du président, élu au suffrage universel, suscite par contre de vives protestations. Un sondage indique que plus des 2/3 des Sud-coréens sont opposés à cette procédure et au sein même de l’opposition, le débat fait rage.

Les adversaires du président Roh, prenant conscience de l’impopularité de leur démarche, ont déclaré qu’ils se contenteraient d’excuses, lors du discours de demain, pour abandonner la procédure.

Papier enregistré pour Radio France Internationale.
Alain Devalpo