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La Corée, un potentiel sous-exploité
Alain Devalpo (novembre2003)

Alors que les investissements directs sont en chute, une société Suisse investit en Corée du Sud.

Alors que les investissements directs suisses en Corée du Sud en 2001 (86 millions CHF) ont baissé de moitié par rapport à 2000, la Société Générale de Surveillance Holding SA (SGS) vient d’investir plus de cinq millions dans ce pays pour développer son activité de testing de produits électroniques.

« Pour faire face à une augmentation des salaires élevés (+ 7 % par an ces cinq dernières années), nous avons réorienté nos activités vers des secteurs générant une forte valeur ajoutée », a expliqué à l’ATS Yves Hermes qui dirige la filiale coréenne du groupe genevois depuis janvier 2000.

Dans ce pays de 47 millions d’habitants, ce groupe qui fait de l’inspection, de la certification et du testing s’est partiellement désinvesti de secteurs traditionnels comme l’inspection pour miser sur des laboratoires high-tech spécialisés dans les systèmes wireless (Internet sans fil) et la sécurité dans la téléphonie mobile et les composants électroniques.

De forts potentiels.

« Les évolutions de ce marché sont très rapides et la capacité d’adaptation des Coréens explique leur réussite économique. Ils doivent aujourd’hui faire face à la montée en puissance de la Chine et développer des secteurs à forte valeur ajoutée. Cela représente de nombreuses opportunités pour une entreprise comme la SGS », a poursuivi M. Hermes.

La Corée, un potentiel sous-exploité

La SGS qui compte 250 employés et quatre compagnies en Corée a un chiffre d’affaires qui dépasse les 25 millions de francs suisses. La filiale coréenne connaît une forte croissance de ses bénéfices et sa marge opérationnelle, aussi en forte augmentation, est supérieure à celle du Groupe SGS dans son ensemble (9 % en 2002).

Signe du fort potentiel de développement dans le domaine des activités liées aux produits électroniques en Corée, l’entreprise prévoit de dégager des profits sur ses nouveaux investissements d’ici deux ans.

Des syndicats virulents et une législation du travail contraignante.

La grève d’une partie des travailleurs coréens de Nestlé depuis le 7 juillet atteste de la virulence des syndicats. « L’image des ouvriers, bandeaux dans les cheveux, scandant des slogans, a un fort effet psychologique mais doit pourtant d’être pondérée », a précisé à l’ATS, Christian Mühlethaler, ambassadeur à Séoul.

« Nous avons développé une politique de communication dans le groupe et les employés ont de nombreuses opportunités pour faire remonter les problèmes », a déclaré Yves Hermes. De fait, la dernière grève à la SGS remonte à1995.

La législation du travail contraignante représente aussi un obstacle pour les entrepreneurs étrangers qui jugent les évolutions trop timides. Autre handicap, la préférence nationale très forte qui impose aux sociétés d’avoir une forte identité coréenne. Bien que 100 % des capitaux soient suisses, la SGS Korea garde une identité coréenne assure son directeur qui est d’ailleurs le seul salarié suisse.

Une mission placée sous le signe de l’innovation.

Malgré ces difficultés, pour la communauté d’affaires présente à Séoul, la Suisse a tout à gagner à collaborer de manière plus étroite avec la Corée. L’ambassadeur voit dans les domaines innovants de nombreuses opportunités et un nouvel axe de développement pour les entreprises helvètes.
C’est d’ailleurs sous le « signe de l’innovation » qu’est placée la visite à Séoul du 6 au 8 novembre d’une délégation du Département fédéral de l’économie conduite par Joseph Deiss. La délégation helvétique composée d’une douzaine de représentants économiques dont Ulrich Forster, le président de l’association patronale économique suisse, se propose d’évaluer les possibilités de coopération dans le domaine technologique.

Reportage réalisé pour l’Agence Télégraphique Suisse.
Alain Devalpo