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Le rêve coréen tourne au cauchemar
Alain Devalpo (novembre 2003)

À partir du 15 novembre, des milliers de travailleurs immigrés risquent d’être rapatrié de force vers leur pays d’origine par les autorités sud-coréennes. Sont visés tout ceux dont la présence en Corée dépasse 4 ans. C’est la conséquence de l’entrée en vigueur d’une loi votée en juillet. Une loi voulue par le président réformiste Roh Moo-hyun mais dont l’esprit a été détourné par les conservateurs majoritaires au Parlement.

Le rêve coréen est devenu un cauchemar pour des dizaines de milliers de travailleurs étrangers. Ils ont occupé des emplois que refusent la majorité des Sud-coréens et pourtant ils sont renvoyés chez eux comme des va-nu-pieds. Le 15 novembre est la date butoir au-delà de laquelle les immigrés présents depuis plus de quatre dans le pays pourront être rapatrié de force.

À l’origine de cette situation, la volonté du président réformiste Roh Moo-hyun de légiférer sur la présence de travailleurs immigrés. Dans ce pays membre de l’OCDE qui a besoin de leur force de travail, jusqu’à la fin juillet, aucune loi ne fixait leur statut.

Mais l’esprit du projet présidentiel a été détourné par les conservateurs qui détiennent la majorité au Parlement. Et en fin de compte, ce sont les travailleurs les plus qualifiés, ceux qui ont le moins d’accidents et qui ont réussi à se faire une petite place en Corée du Sud qui doivent partir. Pourquoi ce non-sens économique ? L’explication a des relents xénophobes ; les conservateurs ne veulent pas que ces travailleurs, originaires de Chine et d’Asie du Sud-est, s’installent pour une longue durée en Corée de façon à préserver une soi-disant « race coréenne ».

Papier enregistré pour Radio France Internationale.
Alain Devalpo