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La Corée flambe à crédit
Alain Devalpo (juillet 2003)

Plus pauvre que le Bangladesh il y a 50 ans, 13e puissance économique aujourd’hui ; la Corée du Sud est devenu un pays riche et à Séoul, on flambe à crédit, sans doute une manière de prendre sa revanche sur l’histoire.

Il y a tout d’abord les cartes de crédit société utilisées pour épater les clients d’affaires au cours d’un rituel bien rodé. L’invitation à une partie de golf est suivie d’une soirée dans un club où l’accueil des hôtesses est particulièrement chaleureux. Pas question de lésiner, on commande le whisky le plus cher. 35 % de la production annuelle de Ballantine’s de 17 ans d’age est consommé en Corée du Sud. Le nectar est bien souvent mélangé avec de la vulgaire bière ; c’est le cocktail dénommé la bombe très prisés par les Sud-coréens.

La Corée flambe à crédit

Tout comme les entreprises, les particuliers amateurs des marques les plus prestigieuses usent et abusent des cartes de crédit. La crise asiatique de 1997 a été suivie d’une explosion des crédits à la consommation encouragée par les autorités pour relancer l’activité du pays. Pour payer le crédit d’une première carte, on en prenait une seconde. Posséder jusqu’à 25 sésames de la consommation n’était pas rare, il y a encore peu.

Aujourd’hui revers de la médaille, plus de trois millions de personnes, prises à la gorge, sont en faillites personnelles. Des économistes ont lancé un cri d’alarme. Ils redoutent de nouvelles bulles spéculatives.

Les autorités n’ont pas encore pris de mesures radicales malgré l’ampleur de l’endettement des ménages. Au contraire, les pouvoirs publics donneraient plutôt le mauvais exemple : Séoul vient d’annoncer la construction du plus haut building du monde pour 2008.

Le whisky le plus cher, la télé la plus grande, le building le plus haut.

La Corée du Sud est devenu le pays du toujours plus. Cela frise la mégalomanie.

Papier enregistré pour la Radio Suisse Romande.
Alain Devalpo