La face cachée du dragon coréen
Alain Devalpo (mai 2003)
Quatrième partie : Des immigrés déclassés
Au cours des années 90, les PME coréennes connaissent des difficultés
pour recruter dans certains secteurs difficiles comme le BTP. La fédération
des PME monte alors un système de stages pour étrangers. Sous couvert de
transfert de technologies à destination des pays en voie de développement,
des stagiaires entrent légalement en Corée où ils constituent une main-d’œuvre
bon marché. Ils perdent rapidement leur statut de stagiaires, deviennent
clandestins et sont la proie de tous les abus.
Selon le ministère du travail, la Corée compte actuellement 360 000
travailleurs immigrés dont 280 000 en situation illégale. Beaucoup
viennent de pays d’Asie du Sud-est mais plus nombreux encore sont les Coréens-chinois
dont les familles ont immigré en Chine lors de l’occupation japonaise au
cours de la première moitié du XXe siècle et qui présentent
le grand intérêt de parler le coréen.
L’église catholique a créé quelques maisons pour travailleurs étrangers où ils peuvent recevoir aides et conseils. Le nouveau gouvernement souhaite mettre en place de vrais permis de travail pour garantir le droit de ces travailleurs, un projet qui rencontre une farouche opposition de la part des PME.
Dossier paru dans Faim et Développement magazine, le mensuel du Comité
Catholique Contre la Faim et pour le Développement.
Alain Devalpo




