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50 ans après l’armistice, une fracture toujours réelle
Alain Devalpo (juillet 2003)

Le 27 juillet 1953, la Corée du Nord et la Corée du Sud signaient l’armistice. C’était la fin d’un cauchemar, non seulement pour les Coréens mais aussi pour les troupes des 16 pays engagés dans le conflit sous la bannière de l’ONU, dont la France.

50 ans après la signature de l’armistice, le fossé entre Coréens du Nord et Coréen du Sud ne cesse de s’élargir. Outre la séparation géographique, par le tracé fictif du 38e parallèle, il y a la division politique entre le régime stalinien et la démocratie sud-coréenne qui consolide ses bases depuis le début des années 90.

Il y a aussi une division économique entre un Sud prospère et un Nord où sévit la famine.

Il y a enfin une frontière psychologique. Les quarante années d’intense propagande anti-communiste, du temps des régimes autoritaires, ont laissé des traces dans les mentalités dont les Nord-coréens qui trouvent refuge à Séoul sont les victimes. Certes, ils reçoivent une aide gouvernementale mais très rares sont ceux qui se disent intégrés à la société sud-coréenne. Pour beaucoup, ils n’attendent qu’une seule chose, rentrer un jour, dans leur pays, la Corée du Nord.

Si les hommes politiques parlent de la réunification de la péninsule, comme d’un projet inéluctable, l’homme de la rue n’est pas encore prêt à faire bon accueil à ces frères du Nord. Selon les sondages, seule une minorité de Sud-coréens se déclare prêt à payer un impôt pour financer les préparatifs de la réunification.

Papier enregistré pour France Culture.
Alain Devalpo